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La Châtaigne n°35

Faut t’il attendre pâques pour rencontrer des cloches ?
Est ce que les Pascal n’ont droit qu’à un week-end ? Où est-ce un subterfuge visant à les prendre pour des lapins (en chocolat) de 3 semaines ?
Ce n’est pas dans la châtaigne que vous trouverez les réponses à ces questions, mais sa lecture vous permettra de retrouver le fondant et l’onctuosité du chocolat.

Bonne lecture

ÉDITO

Bruno R, ministre de son état, né à l’intérieur… de Cholet, m’a fait sortir un mouchoir, en déclarant que l’on pouvait employer un mot plutôt qu’un autre. Sottise, que dis-je, billevesée. Il y a des termes en vogue à même de me hérisser la bogue. Il y a des termes comme une beigne à même d’agacer la châtaigne.

Prenons un mot utilisé à bien mauvais escient dans notre administration, le mot loyauté. Pour vous faire un dessin, la loyauté ressort en filigrane de l’article 25 de la loi du 13 juillet 1983. Nous devons exercer nos fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité et donc dans l’intérêt du service public et des usagers. Un agent agit en conscience en usant de son droit légitime à la réflexion sans obéir aveuglement à un ordre venu d’en haut.

Comme dirait François B en plein dilemme (deal lemne ?) Bétharram, peut-on passer outre les voix du seigneur ? Le conseil d’état rappelle, arrêts du 28 mars 2006 et du 15 janvier 2009 par exemple, qu’un agent n’est pas tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal. Et le loyalisme c’est quoi ? L’attitude prédominante, la fidélité au souverain ou au régime et aux institutions établis. Cela conduit à accepter des réformes ineptes, des suppressions d’emplois massives, des consignes contre-productives et vides de sens allant à l’encontre des valeurs du service public. Vision clanique ou l’allégeance à toute sa place, bien loin de la loyauté.

Dans une note du 31/01/2025, la Direction Générale change les règles du jeu sans totalement les dévoiler et transforme l’affectation locale des cadres A en poste au choix et au fil de l’eau. L’ancienneté administrative, la convenance personnelle aux oubliettes, c’est le recruteur qui sélectionnera après entretien et CV en fonction d’exigences pour le moins subjectives. Envie de changer de filière ? Il vous faudra alors obtenir une autorisation.

Et quid des délais de séjour à géométrie plus que variable ? Le motif pour vous écarter simple comme bonjour : « l’agent retenu avait un meilleur profil ». Porte ouverte à toutes sortes de discriminations, l’affectation arbitraire sera le fruit d’un choix discrétionnaire. La concurrence accrue qui s’ensuivra poussera à une individualisation exacerbée menant à la méritocratie. Mais comme pour GMBI ou le foncier innovant nul doute que la DGFIP se gargarisera d’une réussite avant généralisation aux agents B et C. Si loyauté n’est pas loyalisme, méritocratie n’est pas allégeance. Dans le même ordre d’idée, la DGFIP pourrait s’inspirer du conseil départemental de la Marne qui a convié ses cadres à une réunion avec intervention d’un éducateur canin sur le thème « Être un bon maître : un référent et un leader compétent ». Du loyal canin ou royal canin,il n’y a qu’un pas. Mais le loyalisme n’est pas inéluctable. Tout comme le royalisme, il
peut s’éteindre porté par le feu des principes et des valeurs et victime d’une dégelée royale.

La suite des articles :

La Châtaigne n°35

Article publié le 22 avril 2025.


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